Réforme de la retraite : impact négatif sur l'assurance-chômage
Une note technique rédigée par le Pôle emploi sous-entendrait que le report de l'âge donnant droit à l'allocation retraite à taux plein entraînerait d'énormes surcoûts en assurance-chômage. La mesure sur l'âge légal de départ fait pourtant partie du projet de réforme des retraites.
Une étude évoque les dommages collatéraux du projet de réforme des retraites
D'après une étude commandée par le patronat au Pôle Emploi il y a 8 mois, le relèvement de l'âge (de 65 à 67 ans) à partir duquel l'allocation retraite est versée à taux plein quelle que soit la durée de cotisation, serait très onéreuse pour l'Unedic, l'association chargée de la gestion de l'assurance-chômage. Ces chiffres donneraient un aperçu de l'impact que causerait l'une des deux mesures relatives à l'âge, contenues dans le projet de réforme des retraites qui sera examiné en séance publique le 7 septembre à l’Assemblée nationale. L'évaluation datant du 25 novembre a été réalisée dans le cadre du groupe de travail constitué par les partenaires sociaux en marge de la négociation avec l’État au sujet des chômeurs en fin de droits.
Les effets du recul de l'âge donnant droit à l'allocation chômage
Les données de l'étude montrent qu'en 2010, près de 9500 chômeurs ayant 65 ans cette année ne pourront pas partir à la retraite. Ce qui entraînerait un coût additionnel de 80 millions d'euros, dans l'hypothèse où le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite (de 60 à 62 ans) soit automatiquement suivi d'un report de l'âge limite pour percevoir l'allocation chômage. Si la limite de l'âge donnant droit à l'allocation chômage est placée à 67 ans, les personnes sans emploi qui prolongeront leur droit à l'assurance chômage verront leur nombre doubler à 18100 individus. Un chiffre que l'on obtient en considérant les deux ensembles regroupant les chômeurs âgés de 65 ans et ceux qui auront célébré leur 66e anniversaire cette année.
Un coût additionnel de 265 millions d’euros sur une année pleine
La situation provoquée par la borne d'âge à 67 ans se traduira par un surcoût de 265 millions d'euros sur une année pleine, pour l'organisme chargé de l'assurance-chômage. Un chiffre qui sera d'ailleurs atteint en 2023, l'année à partir de laquelle, selon les prévisions, l'âge de l'obtention de la retraite à taux plein sera établi à 67 ans. À noter que le calcul de l'Unedic n'a pas tenu compte des dépenses supplémentaires mobilisées pour le RSA (Revenu de solidarité active) et l'ASS (Allocation de solidarité spécifique). Les chiffres qui découlent de l’analyse de la note technique du Pôle emploi pourraient être plus sévères que prévus, car ses simulations se sont basées sur une exigence de 40 ans de cotisations contre 40,5 ans aujourd'hui et 41 ans en 2012 pour prétendre à une retraite à taux plein.
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