Les syndicats refusent les 41 ans de cotisations-retraite

Après avoir aligné les régimes spéciaux de retraite sur le régime général, de 37,5 à 40 annuités, le gouvernement
s'apprête à passer la durée de cotisations pour tous à 41 ans en 2012 (à raison d'un trimestre par an à compter de
2009). Cet objectif souvent réaffirmé par François Fillon, le premier ministre, doit faire l'objet d'un examen avec les
partenaires sociaux en 2008. Il sera "probablement organisé au deuxième trimestre", a indiqué le ministère du
travail, soit après les élections municipales de mars 2008.
Cette concertation, inscrite dans la loi sur les retraites de 2003 élaborée par M. Fillon, alors ministre du travail, sera
l'occasion d'évaluer avec les partenaires sociaux "l'évolution du taux d'activité des personnes de plus de 50 ans,
l'évolution de la situation financière des régimes de retraite et de la situation de l'emploi". Le ministère du travail
était tenu de rendre public un rapport avant le 1er janvier 2008, ce qu'il a fait in extremis lundi soir (le 31
décembre). Le ministère y reprend l'analyse du Conseil d'orientation des retraites qui a publié son propre rapport fin
novembre.
Pour les syndicats, cet allongement à 41 ans ne constitue pas la solution au déficit de la caisse d'assurancevieillesse.
Ce dernier, de 1,9 milliard en 2006, atteindra 5,7 milliards en 2008. La CFDT, qui avait soutenu la
réforme Fillon prend ses distances, échaudée par l'enlisement de la négociation avec le Medef sur la pénibilité, l'une
des contreparties revendiquée en 2003. L'autre élément mis en avant par la CFDT était le dispositif "carrières
longues" qui a permis le départ anticipé de ceux qui ont commencé à travailler à 16 ou 17 ans. Le revers de la
médaille de ce dispositif est son coût : de 1,8 milliard d'euros en 2006, il devrait passer à 2,2 et 2,3 milliards en
2007 et 2008. M. Fillon a évoqué la nécessité de revoir ce point. Pour Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire
confédéral de la CGT en charge des retraites, le problème réside d'abord dans la situation dégradée de l'emploi, en
particulier l'activité des seniors pour lequel la France est lanterne rouge européenne : 38,1 % de taux d'emploi des
55-64 ans en 2006, contre 43,6 % dans l'Union européenne.
"Les deux tiers des salariés qui partent à la retraite ne sont plus en activité au moment de leur départ", fait valoir
M. Le Duigou, qui estime qu'il faut trouver des ressources supplémentaires. "Depuis les années 1970, il n'y a pas eu
de hausse de cotisations pour les entreprises", explique-t-il. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, avait
prévenu devant son congrès dès juin 2007, que "la bagarre qu'il faut mener, c'est de rester à 40 et de refuser de
passer à 41 annuités ».
source : Apicil |